Arctic Critique

 

Mads Mikkelsen a tout joué ou presque. Dans Arctic, il se mue en Robinson Crusoé moderne défiant la nature pour sa survie…

 

 

Synopsis:

En Arctique, la température peut descendre jusqu’à moins –70°C. Dans ce désert hostile, glacial et loin de tout, un homme lutte pour sa survie. Autour de lui, l’immensité blanche, et une carcasse d’avion dans laquelle il s’est réfugié, signe d’un accident déjà lointain. Avec le temps, l’homme a appris à combattre le froid et les tempêtes, à se méfier des ours polaires, à chasser pour se nourrir… Un événement inattendu va l’obliger à partir pour une longue et périlleuse expédition pour sa survie. Mais sur ces terres gelées, aucune erreur n’est permise…

Arctic : Affiche

Critique:

Visuellement, narrativement et artistiquement, Arctic ne se charge d’aucune fioriture et va à l’essentiel, faire ressentir la difficulté et la résilience d’un pilote Overgard en terres enneigées. Très poignant dès le début ( long plan séquence où le survivant écrit un SOS dans la neige), le film de Joe Penna ne perd jamais l’échelle humaine qui rythme son histoire, et reste toujours fermement concentré sur le rescapé, sa rage courageuse, sa volonté, son altruisme et son dépassement de soi face aux adversités d’une nature glaciale, mortelle où l’erreur n’a pas sa place. Il existe de nombreux film du genre Survival est le plus récent serait The Revenant qui aura valut un Oscar à Di Caprio. Ici  Arctic travaille son matériau avec efficacité et tient son suspens de bout en bout. Mais au-delà de son postulat de récit de survie, le long-métrage impose surtout une performance d’acteur incroyable.

Arctic

Volontaire et sans jamais tomber dans le cabotinage outrancier, Mikkelsen apporte au film la force haletante et la puissance émotionnelle nécessaire pour fonctionner à plein régime. Un travail qui paye à la fois puissant réaliste et touchant !

 

Rencontre avec Mads Mikkelsen à Cannes:

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Aquaman Critique

 

Aquaman Critique et Inspirations

 

 

Marvel n’a pas eu le temps de sortir Namor, son équivalent dans la catégorie super-héros amphibie. Si bien qu’ Aquaman conserve encore la primeur, même si on fera facilement la comparaison avec un Thor ou un Black Panther, tant par le contexte de civilisation cachée ultra développée, que dans son aspect détournement d’une mythologie ancienne. Car si Marvel donne plutôt dans les légendes nordiques, DC a un faible pour les divinités Grecques, en l’occurrence ici Poseidon et son fameux trident.

La trame reprend des éléments de “Throne of Atlantis”, histoire comportant à l’origine l’ensemble de la ligue des justiciers, mais qui ici se limite à une lutte fratricide pour le royaume d’Atlantis. Concernant les axes d’amélioration du films il y a quelques elements où je rejoins les plus sceptiques:

Tout d’abord un mot sur l’humour qui parfois est réussi et parfois en trop, mais encore une fois ça n’entâche pas le tout. Certains passages en slow motion sont de trop. En outre alternant flashbacks et scènes d’action avec des dialogues souvent interrompus de manière inopinée, le montage ne nous laisse pas souffler, mais n’arrive pas toujours à surprendre par son caractère systématique.

En effet le film que James Wan (“Saw”, “The Conjuring”, “Furious 7”) a réalisé ( d’après un scénario crédité de David Leslie Johnson-McGoldrick et Will Beall ) ne semble pas intéressé à lui donner un personnage avec un vie intérieure. Momoa est simplement tenu de résoudre les complots qui menacent Atlantis.

Bien que nous ayons la chance de voir des Atlantes qui ne sont ni royaux ni gardes, il serait intéressant d’être immergé au coeur de la civilisation atlante et de ses citoyens , tout comme les films de Thor ouvraient progressivement Asgard à la fin de cette trilogie.

Venons en au forces du film qui pour moi sont nombreuses.

Visuellement le film offre une incroyable aventure, puissante, jouissive, bigarrée et pétrie de résonances, d’influences et d’emprunts plus ou moins assumés. Se télescopent ainsi au carrefour Indiana Jones, Le Seigneur des Anneaux, Avatar, A la Poursuite du Diamant Vert, Les Chevaliers du Zodiaque, Le Choc des Titans, Jules Verne, les films de monstres aquatiques et la grosse série B dans son ensemble.

En effet Aquaman, tout comme Fast and Furious 7 du reste, est d’une générosité des plus surprenantes, fourmillant d’affrontements fracassants, de décors fantastiques, de vaisseaux sous-marins au design créatifs, d’hippocampes géants, de pieuvre titanesque qui joue du tambour, de requins domptés, de ville sous marine lumineuse. On visite les vestiges historiques d’Atlantis, la civilisation futuriste des Atlantes aux lumières scintillante (cela me rappelle les décors urbains lumineux de Blade Runner en version sous marine).

Aquaman : Photo

Une scène dantesque sortira quand même du lot, celle où Aquaman et Mera devront lutter contre les créatures de la fosse, et chercher le salut dans les profondeurs.

Un nouvel extrait vidéo d'Aquaman se concentre sur les créatures de la fosse (The Trench)

Côté acteurs, ils sont tous crédibles et le duo de référence est des plus séduisant (Aquaman et Mera). En 2011, les films ont essayé de faire de Jason Momoa une vedette dans une version recyclée de «Conan le barbare». Toutefois Momoa est un meilleur Aquaman qu’un Conan. Alors que Batman ou Superman ont une vie intérieure ici le super héros semble manquait d’intériorité mais reste touchant par sa sincérité. En effet Arthur Curry est une “masse ambulante” comme il le déclare, à la fois protecteur et gentil.

Toutefois iI est crédible dans son rôle, charismatique à sa juste mesure. Même si le personnage est toujours le même super héros que nous avons rencontré dans Justice League, il présente ici des aspects plus humanisants -comme en témoigne le lien avec ses parents.

Tour à tour guerrier au regard d’acier, déconneur qui ne se prend pas au sérieux, descendeur de pintes, orphelin qui en a marre des mensonges… rien à dire, Momoa est un super héros convaincant et accessible. Avec son look de surfeur tatoué, il fallait s’y attendre, c’est un peu le Chris Hermsworth de DC.

Le personnage de Mera est très sympa aussi. En effet son rôle est très important dans tout le film et elle a également des pouvoirs qui en font une bonne combattante. Elle est nuancée, pas toute blanche mais pas méchante non plus, elle n’hésite pas à donner de sa personne pour faire ce qui lui semble juste, tout comme le personnage de Vulko joué par Willem Dafoe que j’ai bien apprécié.

 

Du côté des réferences on peut faire quelques parallèles avec d’autres films.J’ai d’abord pensé à La légende du roi Arthur de Guy Ritchie. Déjà au niveau du prénom, puis du rapport avec Excalibur l’épée légendaire ici remplacée par un trident. Par ailleurs Aquaman a des similitudes avec Thor, qui a également un destin de roi, partagent des univers riches et se coltine un frère avide de pouvoir (même si Loki est bien plus charismatique que Orm). Cependant les deux héros n’ont pas le même caractère ni le même traitement,et c’est en cela que l’on ne peut pas dire qu’ Aquaman est une pâle copie de Thor.

De manière plus globale, force est de constater que James Wan réussi à rendre ses personnages iconiques et à faire des plans épiques. Aquaman est une bouffée d’air frais.

En somme Aquaman rejoint mes films de super héros préfères par sa générosité et l’étonnement qu il suscite dans ce monde de super-héros où tout se ressemble, et j’espère que le public laissera sa chance à cet homme qui murmure à l’oreille des poissons…

 

 

Blog de Warnerbros avec playlist du film:

https://www.warnerbros.com/blogs/2018/11/18/aquaman-tide-coming

Papillon

 

Critique Papillon

 

critique papillon

Steve McQueen et Dustin Hoffman ont apporté leur charisme à cette épopée de l’évasion de l’île du Diable en 1973. Si l’on se souvient de cela avec tendresse, c’est probablement à cause de ses rediffusions télévisées et du duo attachant de Steve McQueen et Dustin Hoffman. Les deux étaient des stars majeures à l’époque et le film a été un succès. Maintenant, Papillon a été refait avec Charlie Hunnam et Rami Malek dans le rôle de deux prisonniers qui prévoient de se séparer de leur cage déshumanisante dans une colonie de la Guinée Française. Hunnam (Sons of Anarchy, The Lost City of Z, le Roi arthur la légende d’Excalibur) et Malek (M. Robot) ne sont pas encore tout à fait connus auprès du grand public, mais leurs talents sont indéniables. Le récit est basé sur une histoire vraie celle des mémoires d’Henri Charrière ( Henri Charrière est un criminel français condamné à perpétuité pour un meurtre qu’il a déclaré ne pas avoir commis. En 1933, il fut envoyé en Guyane française) écritent en 1969, et c’est ce qui retient notre attention.

Le réalisateur danois Michael Noer, à partir d’un scénario d’Aaron Guzikowski, permet de faire avancer les choses efficacement sans jamais vous faire sentir que le nouveau Papillon a une raison impérieuse de l’être. Le directeur de la photographie Hagen Bogdanski, le concepteur de la production Tom Meyer et le compositeur David Buckley travaillent en commun accord pour donner au film de Noer les apparences d’une épopée.

critique papillon

Coté acteur c’est Charlie Hunnam qui incarne Charrière, un cambrioleur surnommé Papillon à la fois pour le tatouage distinctif sur sa poitrine que pour sa capacité à fuir quand les choses se corsent. Pas cette fois. Après avoir décroché un emploi en 1931 à Paris, Charrière a hâte de quitter le monde criminel pour retrouver une belle vie avec sa petite amie, Nenette (Eve Hewson).

critique papillon

Mais le malheureux “Papi” est accusé d’avoir tué quelqu’un et est envoyé dans un enfer pire que Shawshank. Là, il fait la connaissance de Louis Dega (Malek), un faussaire avec de l’argent.

critique papillon

L’argent est suffisant pour soudoyer les gardes mais pas pour le sauver des prédateurs de la prison – c’est là que Papi intervient, pour préparer l’évasion éventuelle et jouer le rôle de garde du corps en échange du financement. Les efforts de Papi suscitent bien vite la colère du gardien sadique Barrot qui, après l’une des tentatives infructueuses de Papi de se libérer, l’a fait jeté à l’isolement pendant deux ans.

Noer exacerbe la tension et la brutalité engendrées par des années de privation qui culminent lorsque Papi, affamé (M. Hunnam a perdu 30 kilos – c’est le genre de fantasme que de nombreux acteurs poursuive pour la préparation de rôles physiques. “Rami et moi nous sommes affamés de manière agressive”, a déclaré M. Hunnam dans une interview promotionnelle du film.), sort de la solitude et planifie une nouvelle évasion avec Louis qui fait peur. Si vous êtes un gourmand en punition, Papillon pourrait bien être votre tasse de masochisme. Le film original, réalisé par Franklin J. Schaffner, lauréat du prix Patton aux Oscars, laissait entrevoir des lueurs d’espoir. La version de Noer évite jusqu’à la fin une atmosphère d’echec d’evasion de Papi et Louis, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent sur la lointaine île du Diable. La vue de deux hommes brisés, contemplant la liberté au-delà d’une mer dont les vagues pourraient les écraser, témoigne de leur résistance contre l’impossible.

Charrière était peut-être moins innocent que Dreyfus, et il semble avoir été sévèrement jugé. Mais à l’instar du premier film, le remake de «Papillon» ne s’intéresse pas aux questions d’innocence et de culpabilité ni à la jurisprudence et c’est ce qui fait la force du film. Au lieu de cela, il s’agit d’une immersion dans un univers d’hommes durs qui résistent dans des conditions difficiles en riant, en restant stoïque ou en tremblant de temps à autre face à la mort. La faucheuse a en effet élu domicile dans cette prison et elle est symbolisée par une guillotine qui menace chaque détenu.

critique papillon

Bien que Hunnam et Malek donnent tout ce qu’ils ont, ils se voient refuser la possibilité de rendre leurs personnages aussi indélébiles que McQueen et Hoffman.

On retiendra que le film est une histoires sobre et généreuse sur les terribles choses que les hommes font à d’autres hommes au nom de leur pays et de leur droiture.C’est une chronique de souffrances masculines extrêmes, des tourments si horribles qu’ils transforment des hommes ordinaires en martyrs quasi religieux.

 

Hostiles, critique

 

critique hostiles

Nouveau-Mexique, 1892. Le capitaine de l’armée, Joe Blocker (Christian Bale), est chargé d’escorter un chef amérindien mourant (Wes Studi) et sa famille chez eux, dans le Montana. C’est un voyage semé d’embûches – de menaces extérieures.

critique hostiles

Dans les premières minutes du Western de Scott Cooper, un homme est abattu et scalpé avant que ses deux filles et son bébé emmaillotés ne soient abattus.Leur mère, Rosalie Quaid est magistralement interprétée par Rosamund Pike pleine de détermination et de sensibilité (du moins après le traumatisme qui a décontenancé l’esprit).

 

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La famille Quaid est massacrée par des Amérindiens (des Comanches). Mais seulement quelques instants plus tard, nous voyons des Amérindiens ( des Apaches) se faire maltraiter par des soldats américains, commandés par un certain Joe Blocker (Bale). C’est lui qui incarne le héros supposé de cette sombre histoire.

“Une des plus fortes performances de la carrière de Bale”

Hostiles est un film à la hauteur de son titre. Après avoir abordé le genre des gangsters dans son dernier film Black Mass, Cooper s’est rendu directement sur le territoire le plus mythique de sa culture, marquant ainsi son apogée: le point culminant de la guerres indiennes et la disparition de la frontière américaine romantique et égarée. À bien des égards, cela ressemble à une reprise de Josey Wales hors la loi de Clint Eastwood.

critique hostiles

Joe Blocker n’est pas non plus hors la loi. Ou du moins, ses crimes ont tous été commis au service de son pays. Un pays qui l’oblige désormais à accompagner en toute sécurité le chef de ses pires ennemis, le chef Cheyenne Yellow Hawk (Studi), dans son pays du Wyoming. Walker porte sa haine comme un bouclier; il semble que c’est cette carapace qui l’ai gardé en vie aussi longtemps. Pour lui, Yellow Hawk n’est rien d’autre qu’une «gorge tranchée» et son fils, sa fille, sa belle-fille et son petit-fils sont une «progéniture de bâtards et de garces». La mission est pour lui comme une gifle de ses supérieurs, dont les ordres passés l’ont déshumanisé – ou du moins, l’ont laissé souffrir de ce que nous avons rapidement diagnostiqué comme étant le trouble de stress post traumatique. Cependant le «bon» soldat, Blocker accepte sa mission. Comme dans les récits classique d’Eastwood, les épreuves du voyage réduisent les effectifs de ce groupe de cavaliers et d’autochtones. C’est le melting-pot d’une famille de substitution, formée au milieu d’une atrocité et animée par un instinct de survie du plus brut qui soit.

Malgré sa violence et sa dureté, il s’agit sans aucun doute du meilleur film de Cooper, le cinéaste Masanobu Takayanagi se délectant des paysages sauvages qui ont séduit d’innombrables tireurs occidentaux. La beauté des fonds s’amplifie progressivement, passant d’une maigre garrigue orageuse à une chaîne de montagnes luxuriante et paradisiaque à mesure que le voyage progresse et que l’humanité revient chez Joe Blocker.

 

 

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Cette transformation par Bale constitue l’une des meilleures performances de sa carrière. Il avait déjà travaillé avec Cooper auparavant pour Out Of The Furnace en 2013, mais ici, vous avez vraiment le sentiment que leur collaboration a porté ses fruits.

Un western raffiné qui ne craint pas de décrire les horreurs infligées pendant cette période de violences extrèmes et qui se vante de la performance étonnante de Christian Bale.

 

 

Gauguin, Critique

 

Synopsis: Le film prend place à Paris, vers 1891. Gauguin peine à vendre le peu de toile qu’il possède. Il vit une profonde lassitude, Paris l’ennui. Pour mettre un terme à son désarroi il choisit de s’envoler pour Tahiti pour trouver l’inspiration, laissant derrière lui sa femme et ses enfants. A Tahiti sa santé ne s’arrange pas il boit beaucoup. A son retour de l’hôpital, il décide de partir à l’aventure dans la jungle afin de retrouver la beauté luxuriante d’un monde qui n’attend que d’être peint. Avec son cheval, il s’évade et rencontre des Indiens qui lui proposent de se marier avec leur fille Tahura. C’est alors que passionnément Paul décide de peindre sa vahiné de formes et de couleurs des plus exotiques…

Critique : Vincent Cassel propose ici une interprétation du peintre très réaliste du peintre à la fois passionnée par son art et tourmentée par sa vie. Visuellement le film est très rafraîchissant (végétations luxuriantes, population tahitienne chaleureuse). On apprécie aussi la douceur et le sourire généreux de Tahura (interprété par Tahuei Adams) qui réalise ici une vrai performance en tant que muse du peintre. En bref le jeux d’acteur est excellent. Le scenario lui semble plus fragile et l’on fini par se demander si le film traite plus d’un épisode douloureux de la vie de Gauguin que de Gauguin lui-même. En effet le film ne nous enseigne presque rien sur le peintre et le spectateur est limité à un aperçu de la vie du peintre sur une ile avec une amazone, le tout accompagné de quelques péripéties. En ce sens on peut s’interroger sur l’intention du réalisateur : long métrage poétique ou biopic ?
La note positive est que ce film aborde une thématique souvent oubliée : la passion de l’artiste, ou comment la force du désir de créer peut l’emporter sur la lassitude d’une vie sans arts.

©cineflash, 2017

Gauguin - Voyage de Tahiti : Photo Vincent Cassel

Copyright Move Movie/Studio Canal/NJJ Entertainment

Gauguin - Voyage de Tahiti : Photo Tuheï Adams, Vincent Cassel

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Gauguin - Voyage de Tahiti : Photo Tuheï Adams, Vincent Cassel

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Gauguin - Voyage de Tahiti : Photo Tuheï Adams

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