Tolkien, l’homme qui créa la langue Elfique

A l’occasion de la sortie du film Tolkien, nous revenons sur la vie de l’écrivain.

Biographie:

L’enfance de Tolkien :

John Ronald Reuel Tolkien est né à Blomfontein, Afrique du Sud, le 3 Janvier 1892. Il arrive en Angleterre en 1896, dans le village de Sarehole (près du Pays de Galles), avec son frère Hilary Arthur Reuel et sa mère Mabel. Son père Arthur reste en Afrique où il décède le 15 février 1896 d’une hémorragie. A Sarehole, Mabel s’occupe de l’éducation de ses deux fils ; Ronald sait lire à 4 ans, se démarque en dessin, langues (surtout le latin)… A l’automne 1899, Tolkien passe l’examen d’entrée à la King Edwards School, mais il échoue et ne réussit qu’un an plus tard.

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La famille déménage dans la banlieue de Birmingham (à Moseley). Pour économiser, sa mère le retire de cette école (avec son frère) et le place à St. Philips, un collège catholique. Mais en 1903, Tolkien retourne faire ses études à Kings Edwards (le niveau de St. Philips était trop bas) et gagne un prix. Mabel meurt le 14 novembre 1904, à l’âge de 34 ans. Lui et son frère sont placés sous la tutelle du père Francis Morgan.

En 1905, les deux frères habitent chez une tante. C’est ici que Ronald rencontre Edith Brath, et ils se lient d’amitié. Vers 1909, le père Francis s’aperçoit de leur amour croissant et juvénile (elle à 20 ans et lui 17) et refuse tout compromis ; en 1910, les deux frères déménagent sous l’ordre du père Francis qui veut éloigner Edith et Ronald. En décembre, Tolkien commence ses études à Oxford, et les poursuit avec un grand succès jusqu’en 1915. La-bas, il s’occupe principalement en jouant au rugby, les clubs, les journaux étudiants… Passionné de philologie et de littérature, il commence à créer des langages (comme le Quenya), mais aussi ses propres écrits, en prose ou en vers, se situant dans un pays Elfe de son cru, la Terre du Milieu.

C’est seulement en 1913 qu’il est autorisé à revoir Edith, car il a 21 ans, mais celle-ci le déçoit en lui disant qu’elle est déjà fiancée à George Field. Tolkien la convainc cependant de rompre en sa faveur !

Début d’écriture:

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Edith et Ronald se marient le 22 mars 1916, puis il est envoyé en France (dans les Lancashire Fusiliers) pour la guerre. Tolkien est rapatrié à cause la “fièvre des tranchées” (après avoir participé à la terrible bataille de la Somme), et c’est dans des baraques surpeuplées qu’il commence à rédiger le “livre des contes perdus” (début 1917).
Il revient en Angleterre dans l’année et a son premier fils, John. Ronald participe -modestement- à l’élaboration du dictionnaire d’Oxford comme lexicographe. Michael, le deuxième fils de Tolkien naît en 1921. En 1923, le” livre des contes perdus” est pratiquement terminé : Tolkien le rebaptise alors le “Silmarillion”.

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Il devient professeur d’anglais en 1924 à Leeds, c’est cette année là qu’il a son troisième fils, Christopher. En 1925, il déménage à Oxford et enseigne au Pembroke College (et ce pour les 24 années à venir).

Tolkien participe à beaucoup de travaux, littéraires ou philologiques (avec notamment des études sur Chaucer -1936-, les poèmes anglo-saxons du VIIe siècle -comme Beowulf-, et d’autres thèmes, comme les légendes arthuriennes – Sir Gawain and the Green Knight, 1925-).

 

Tolkien a ressenti le désir d’écrire des histoires dans laquelle les langages avait une place logique. Mais son premier roman débute par une anecdote. Lorsque Tolkien corrige des copies d’élèves, il tombe sur une feuille blanche : il rédige alors les premières lignes du “Hobbit” sur la page en question. Tolkien écrit l’histoire jusqu’à la mort du Dragon, il la raconte à ses enfants. Mais les enfants grandissent, et le roman inachevé finit dans un tiroir. Heureusement, une de ses étudiantes découvre l’histoire avec enthousiasme ; Tolkien achève alors le récit avec entrain. Une copie de l’histoire se retrouve chez Suzan Fagnall, une employée des éditeurs George Allen and Unwin. Allen confie le roman à son fils Rayner, 10 ans. Le jeune garçon conclut : “ce livre, avec ses cartes, n’a pas besoin d’illustrations, il est bon et devrait plaire à tous les enfants entre 5 et 9 ans”.

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Ce roman devient instantanément un classique, laissant les lecteurs avides d’une suite.
Tolkien travaille sur cette suite pendant près de quinze ans. Le livre est séparé en trois volumes (les deux premiers tomes – la “Communauté de l’Anneau” et les “Deux Tours”- sont publiés en 1954, et le dernier tome -le “Retour du Roi”- paraît un an plus tard).
Le roman est très bien reçu par le public, et les ventes ne cessent d’augmenter. Mais ce n’est pas avant le milieu des années 60 que l’univers de Tolkien capture l’attention du grand public, lorsque que le “Seigneur des Anneaux” est publié en livre de poche.
L’oeuvre de Tolkien devient célèbre, et connaît de nombreuses imitations, et même une parodie ! La littérature fantastique qui se développe dans les années 70 doit sûrement beaucoup à Tolkien, non-pas pour avoir créé ce genre littéraire, mais plutôt pour l’avoir popularisé.

L’inspiration dépasse même le cadre purement littéraire: Gary Gygax s’inspire largement de la Terre du Milieu pour lancer en 1973 le plus célèbre des jeux de rôle, à savoir “Donjons & Dragon”. Et qui ne pense pas à Tolkien en regardant un film comme le ” Willow” de Ron Howard ?

En 1957, Tolkien doit aller aux Etats-Unis pour recevoir différents honneurs à Harvard (et dans d’autres universités…) mais le voyage est annulé en raison de la santé de sa femme Edith. Après avoir quitté son poste de professeur en 1959, Tolkien passe le reste sa vie à travailler sur les textes du “Silmarillion”, un cycle de mythes complexes de la Terre du Milieu. Il déménage au bord de la mer pour rester avec sa femme mourante. Elle meurt le 29 novembre 1971.

Tolkien fait écrire sur sa tombe ” Lúthien”. C’est elle, lorsqu’ils étaient encore étudiants, qui lui inspira le plus beau passage du Silmarillion en dansant pour lui dans les bois. Tolkien rentre à Oxford, et reçoit en 1972 le C-B-E de la Reine, ainsi qu’un doctorat ès lettres honoraire de la part d’Oxford.

Il meurt le 2 septembre 1973 à 81 ans, nous laissant le soin d’aimer à sa place ses Hobbits, ses Elfes, son univers.

Son fils Christopher entreprend la compilation et la publication du “Silmarillion” qui paraît en 1977. Tolkien nous laissa une masse énorme de manuscrits et de notes. Aujourd’hui, son fils l’a publiée dans sa quasi totalité (l”Histoire de la Terre du Milieu”, les “contes et légendes inachevés”). Mais l’oeuvre traduite en français n’est en fait qu’une infime partie des écrits de Tolkien.

 

Illustration de la première édition du "Hobbit" réalisée par J.R.R Tolkien

Illustration de la première édition du “Hobbit” réalisée par J.R.R Tolkien

 

Tolkien était fervent catholique; ses influences religieuses, interprétées à travers son amour pour l’imaginaire, transparaissent dans le ” Silmarillion” et le ” Seigneur des Anneaux”. Tolkien était le membre d’une société d’élite de dons (nom des professeurs de l’université) à Oxford, dont C.S. Lewis, ami intime de Tolkien, faisait également partie. Tolkien l’aida à se convertir au christianisme, Lewis devient plus tard l’un des plus grands théologiens du 20eme siècle.

L’amour de Tolkien pour la littérature fantastique ne fut jamais tempéré, même au travers de textes moins connus comme le “Fermier Gilles de Ham” (1949), Smith de Grand Wootton (1947), les ” Aventures de Tom Bombadil” (1962), et le superbe “Feuille, de Niggle” (1964). Beaucoup de critiques n’arrivaient pas à comprendre l’enthousiasme que suscitait les sagas de Tolkien (le “Silmarillion” fut qualifié de “prose biblique, style ancien testament”).

Mais “Bilbo” et le “Seigneur des Anneaux” sont parmi les premiers best-sellers de tous les temps, ils conservent tous deux leur splendeur de chef-d’oeuvre, malgré les ans. Les Anglais ont élu le “Seigneur des Anneaux” comme oeuvre du siècle.

Il est vrai que les livres de Tolkien ont su à merveille poser les termes du conflit entre le bien et le mal.En un siècle d’atrocités comme le nôtre, ou la beauté passée et surannée a été dévastée, et bannie par le progrès technologique et le moteur à explosion, il est normal qu’une partie de l’Humanité en vint à se plonger dans l’oeuvre d’un auteur aussi féru de tradition et de contes elfiques.

Bonus, France Culture: La Compagnie des auteurs,Tolkien:

https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-auteurs/tolkien-14-une-vie-ordinaire

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Euforia Critique

Deux frères que tout semble opposer vont apprendre à se découvrir et à s’aimer. Matteo, extravagant, extraverti, jongle avec la facilité de ceux qui ont réussi, et Ettore, clown triste, introverti, joue jusqu’à la corde avec les silences. Quand l’austérité et la fantaisie se rencontrent, la vie les emporte dans un tourbillon de tendresse et d’euphorie...

Critique:

Six ans après Miele, l’actrice Valeria Golino repasse derrière la caméra avec Euforia, un drame familial poignant sur fond de maladie en phase terminale. Cette deuxième œuvre d’une artiste à la sensibilité délicate, met en scène deux frères aux caractères contraires, l’un extravagant et bouillonnant dans le feu de l’action à Rome, l’autre plus introverti et vivant dans le calme de la campagne.

Quand ce dernier se découvre une tumeur incurable, leur relation fraternelle va se renforcer. Présenté au dernier festival de Cannes au sein de la sélection Un Certain Regard, Euforia réunit le brillant Riccardo Scarmacio (le compagnon de Golino à la ville, on la vu récemment dans Silvio et les autres ) et un Valerio Mastandrea bien connu des amateurs de cinéma italien.

Le bruyant Matteo (Riccardo Scarmacio) exaspère son discret frangin par son exubérance et sa capacité à remplir l’espace tel un électron survolté, mais ses gesticulations vont vite se révéler être un moyen de s’échapper du drame qui approche, de détourner le regard de l’horreur pour mieux la supporter, d’apporter un peu de légèreté pour adoucir le tragique.

On peut attribuer à ce nouvel opus de nombreuses qualités:une direction d’acteurs impeccable, une mise en scène élégante, un scénario écrit avec tendresse et délicatesse, des scènes vraiment touchante à la fois riche d’émotions et des petits rien de la vie. Riccardo Scamarcio et Valerio Mastandrea sont tous les deux très émouvants, chacun dans leur humanité. En somme c est un très beau film sur la relation fraternelle, plein de charme et de poésie.

Riccardo Scarmacio nous parle d’ Euforia:

Vice Critique

Fin connaisseur des dessous de la politique américaine, Dick Cheney a réussi, sans faire de bruit, à se faire élire vice-président aux côtés de George W. Bush. Devenu l’homme le plus puissant du pays, il a largement contribué à imposer un nouvel ordre mondial dont on sent encore les conséquences aujourd’hui…

 

 

 

 

Critique:

Cet édifiant Biopic se plonge de manière ludique dans les coulisses de la politique américaine au travers du destin de Dick Cheney, vice-président des États-Unis entre 2001 et 2009 dans l’administration du président George W. Bush.

Vice : Photo Christian Bale, Sam Rockwell

De son passé de loser jusqu’à son ascension à la vice-présidence, ce récit très documenté nous partage la trajectoire de cet homme initialement désintéressé par la politique. Afin de retrouver la dignité et l’amour de sa femme très ambitieuse, il va gravir patiemment les échelons avec fourberie et ironie au milieu de tous les collaborateurs de l’administration Bush.

Christian Bale incarne ici magnifiquement Dick Cheney dans un style à la fois silencieux et profondément cynique (on notera d’excellents seconds rôles tels que Steve Carrell en Donald Rumsfeld, Amy Adams en Lynne Cheney ou Sam Rockwell en Bush Jr).

Vice : Photo

Côté mise en scène, de nombreux procédés satiriques sont utilisés (métaphores de scènes de pêches à la mouche, situations absurdes, allégorie grotesques, faux générique…) pour renforcer la grossièreté de la triste réalité.

La narration est fouillée et la maîtrise du rythme est au rendez vous. Fort de ce dynamisme à la fois sur le fond que sur la forme, le biopic dissèque judicieusement et avec humour ce spectacle de marionnettes, les manipulations politiques et financières, les arrangements avec la constitution, jusqu’à l’accablant mensonge d’état pour justifier la guerre en Irak et ce en favorisant les bénéfices d’une multinationale pétrolière dont Dick Cheney a été le PDG !

Christian Bale, interview sur le personnage de Dick Cheney :

 

 

 

 

Christian Bale sur le métier d’acteur et ses différents rôles:

 

 

Arctic Critique

 

Mads Mikkelsen a tout joué ou presque. Dans Arctic, il se mue en Robinson Crusoé moderne défiant la nature pour sa survie…

 

 

Synopsis:

En Arctique, la température peut descendre jusqu’à moins –70°C. Dans ce désert hostile, glacial et loin de tout, un homme lutte pour sa survie. Autour de lui, l’immensité blanche, et une carcasse d’avion dans laquelle il s’est réfugié, signe d’un accident déjà lointain. Avec le temps, l’homme a appris à combattre le froid et les tempêtes, à se méfier des ours polaires, à chasser pour se nourrir… Un événement inattendu va l’obliger à partir pour une longue et périlleuse expédition pour sa survie. Mais sur ces terres gelées, aucune erreur n’est permise…

Arctic : Affiche

Critique:

Visuellement, narrativement et artistiquement, Arctic ne se charge d’aucune fioriture et va à l’essentiel, faire ressentir la difficulté et la résilience d’un pilote Overgard en terres enneigées. Très poignant dès le début ( long plan séquence où le survivant écrit un SOS dans la neige), le film de Joe Penna ne perd jamais l’échelle humaine qui rythme son histoire, et reste toujours fermement concentré sur le rescapé, sa rage courageuse, sa volonté, son altruisme et son dépassement de soi face aux adversités d’une nature glaciale, mortelle où l’erreur n’a pas sa place. Il existe de nombreux film du genre Survival est le plus récent serait The Revenant qui aura valut un Oscar à Di Caprio. Ici  Arctic travaille son matériau avec efficacité et tient son suspens de bout en bout. Mais au-delà de son postulat de récit de survie, le long-métrage impose surtout une performance d’acteur incroyable.

Arctic

Volontaire et sans jamais tomber dans le cabotinage outrancier, Mikkelsen apporte au film la force haletante et la puissance émotionnelle nécessaire pour fonctionner à plein régime. Un travail qui paye à la fois puissant réaliste et touchant !

 

Rencontre avec Mads Mikkelsen à Cannes:

Aquaman Critique

 

Aquaman Critique et Inspirations

 

 

Marvel n’a pas eu le temps de sortir Namor, son équivalent dans la catégorie super-héros amphibie. Si bien qu’ Aquaman conserve encore la primeur, même si on fera facilement la comparaison avec un Thor ou un Black Panther, tant par le contexte de civilisation cachée ultra développée, que dans son aspect détournement d’une mythologie ancienne. Car si Marvel donne plutôt dans les légendes nordiques, DC a un faible pour les divinités Grecques, en l’occurrence ici Poseidon et son fameux trident.

La trame reprend des éléments de “Throne of Atlantis”, histoire comportant à l’origine l’ensemble de la ligue des justiciers, mais qui ici se limite à une lutte fratricide pour le royaume d’Atlantis. Concernant les axes d’amélioration du films il y a quelques elements où je rejoins les plus sceptiques:

Tout d’abord un mot sur l’humour qui parfois est réussi et parfois en trop, mais encore une fois ça n’entâche pas le tout. Certains passages en slow motion sont de trop. En outre alternant flashbacks et scènes d’action avec des dialogues souvent interrompus de manière inopinée, le montage ne nous laisse pas souffler, mais n’arrive pas toujours à surprendre par son caractère systématique.

En effet le film que James Wan (“Saw”, “The Conjuring”, “Furious 7”) a réalisé ( d’après un scénario crédité de David Leslie Johnson-McGoldrick et Will Beall ) ne semble pas intéressé à lui donner un personnage avec un vie intérieure. Momoa est simplement tenu de résoudre les complots qui menacent Atlantis.

Bien que nous ayons la chance de voir des Atlantes qui ne sont ni royaux ni gardes, il serait intéressant d’être immergé au coeur de la civilisation atlante et de ses citoyens , tout comme les films de Thor ouvraient progressivement Asgard à la fin de cette trilogie.

Venons en au forces du film qui pour moi sont nombreuses.

Visuellement le film offre une incroyable aventure, puissante, jouissive, bigarrée et pétrie de résonances, d’influences et d’emprunts plus ou moins assumés. Se télescopent ainsi au carrefour Indiana Jones, Le Seigneur des Anneaux, Avatar, A la Poursuite du Diamant Vert, Les Chevaliers du Zodiaque, Le Choc des Titans, Jules Verne, les films de monstres aquatiques et la grosse série B dans son ensemble.

En effet Aquaman, tout comme Fast and Furious 7 du reste, est d’une générosité des plus surprenantes, fourmillant d’affrontements fracassants, de décors fantastiques, de vaisseaux sous-marins au design créatifs, d’hippocampes géants, de pieuvre titanesque qui joue du tambour, de requins domptés, de ville sous marine lumineuse. On visite les vestiges historiques d’Atlantis, la civilisation futuriste des Atlantes aux lumières scintillante (cela me rappelle les décors urbains lumineux de Blade Runner en version sous marine).

Aquaman : Photo

Une scène dantesque sortira quand même du lot, celle où Aquaman et Mera devront lutter contre les créatures de la fosse, et chercher le salut dans les profondeurs.

Un nouvel extrait vidéo d'Aquaman se concentre sur les créatures de la fosse (The Trench)

Côté acteurs, ils sont tous crédibles et le duo de référence est des plus séduisant (Aquaman et Mera). En 2011, les films ont essayé de faire de Jason Momoa une vedette dans une version recyclée de «Conan le barbare». Toutefois Momoa est un meilleur Aquaman qu’un Conan. Alors que Batman ou Superman ont une vie intérieure ici le super héros semble manquait d’intériorité mais reste touchant par sa sincérité. En effet Arthur Curry est une “masse ambulante” comme il le déclare, à la fois protecteur et gentil.

Toutefois iI est crédible dans son rôle, charismatique à sa juste mesure. Même si le personnage est toujours le même super héros que nous avons rencontré dans Justice League, il présente ici des aspects plus humanisants -comme en témoigne le lien avec ses parents.

Tour à tour guerrier au regard d’acier, déconneur qui ne se prend pas au sérieux, descendeur de pintes, orphelin qui en a marre des mensonges… rien à dire, Momoa est un super héros convaincant et accessible. Avec son look de surfeur tatoué, il fallait s’y attendre, c’est un peu le Chris Hermsworth de DC.

Le personnage de Mera est très sympa aussi. En effet son rôle est très important dans tout le film et elle a également des pouvoirs qui en font une bonne combattante. Elle est nuancée, pas toute blanche mais pas méchante non plus, elle n’hésite pas à donner de sa personne pour faire ce qui lui semble juste, tout comme le personnage de Vulko joué par Willem Dafoe que j’ai bien apprécié.

 

Du côté des réferences on peut faire quelques parallèles avec d’autres films.J’ai d’abord pensé à La légende du roi Arthur de Guy Ritchie. Déjà au niveau du prénom, puis du rapport avec Excalibur l’épée légendaire ici remplacée par un trident. Par ailleurs Aquaman a des similitudes avec Thor, qui a également un destin de roi, partagent des univers riches et se coltine un frère avide de pouvoir (même si Loki est bien plus charismatique que Orm). Cependant les deux héros n’ont pas le même caractère ni le même traitement,et c’est en cela que l’on ne peut pas dire qu’ Aquaman est une pâle copie de Thor.

De manière plus globale, force est de constater que James Wan réussi à rendre ses personnages iconiques et à faire des plans épiques. Aquaman est une bouffée d’air frais.

En somme Aquaman rejoint mes films de super héros préfères par sa générosité et l’étonnement qu il suscite dans ce monde de super-héros où tout se ressemble, et j’espère que le public laissera sa chance à cet homme qui murmure à l’oreille des poissons…

 

 

Blog de Warnerbros avec playlist du film:

https://www.warnerbros.com/blogs/2018/11/18/aquaman-tide-coming

Green book Critique

Green book: Un road trip vers une Amérique emplie de clichés ?

green book critique

Pére de famille écolo au volant d’un van hippie dans Captain Fantastic, chauffeur pour une famille mafieuse d’Europe de l’Est dans Les promesses de l’ombre, Viggo Mortensen reprend la route dans Green Book*, avec le nouveau film de Peter Farrelly, basé sur la véritable histoire d’un road trip. L’acteur interprète un agent de sécurité italo-américain chargé de conduire et de protéger le musicien afro-américain Don Shirley, incarné par Mahershala Ali (Moonlight, L’Etrange histoire de Benjamin Button, série House of Cards), lors de sa tournée dans le Vieux Sud des Etats-Unis. Le Film a d’ailleurs été récemment nommé cinq fois au Golden Globes.

La bande-annonce du film:

La thématique raciste que Green Book traite a déjà été abordé et ce dès les années 1960. Dans le drame The Defiant Ones de Stanley Kramer en 1958, ayant été enchaîné en prison Tony Curtis et Sidney Poitier vont devoir dépasser leur préjugés racistes et coopérer s’ils veulent survivre. Dans Driving Miss Daisy, également situé dans le sud des Etats Unis, c’est le duo de Hoke Colburn et Daisy Werthan  (interprétés par Morgan Freeman et Jessica Tandy) qui noue une amitié au delà de leurs préjugés. Ici le sujet est abordé également mais dans un style frais,neuf et entraînant.

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Le film est rythmé, puissant sur le plan esthétique (costumes, décors sixties rafraichissant, cadillac turquoise de Tony Lip d’époque 1962 ,) et la bande sonore est séduisante (de nombreux morceaux de pianos qui nous embarque tout de suite dans l atmosphère jazzy typique des clubs l’époque).

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Mais c’est surtout sur la sincérité de son message que le film mérite toute notre attention. En effet malgré les préjugés racistes de Tony lip que l on observe dès le début du film, on apprécie la sympathie du personnage et l’amitié sincère qui nait avec Don Shirley. D’ailleurs ce decalage présent entre les deux personnage fait naitre des instants cocasses que le realisateur Peter Farrely apprécie:

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“Vous avez un pianiste de concert noir avec deux musiciens qui roulent pendant deux mois avec un videur italo-américain qui penche vers un côté raciste. Donc, vous allez avoir quelques moments étranges là-dedans. C’est de là que vient l’humour. C’est des personnalités, des personnages et non des blagues pour elle même.” En effet les acteurs sont rayonnants dans leur role et malgré la profondeur de l histoire, Tony Lip et le Docteur shiley restent a la fois droles et attachants.

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Dans BlacKkKlansman, Spike Lee, mettait en vedette Adam Driver et John David Washington, pour  affronter de front le racisme institutionnel des années 70. Ici dans Green Book au delà du racisme institutionnel, Peter Farrely denonce la violence des moeurs racistes des blancs américain des années 70. Bien plus qu un blame,  le film nous livre un appel à l’altérité, au depassement des jugements hatifs qui hantent nos sociétés d’hier et d’aujourdhui. C’est un appel à l’humanité, à la fraternité. Ayant assister à l’avant première française de ce film, je vous le recommande vivement et sans modération comme résolution de cette année 2019!

Au cinéma le 23 Janvier 2019

Bonus:

Viggo Mortensen à l’avant première de Green Book:

 

 

 

Interview Viggo Mortensen sur Green Book:

 

 

 

*Le «Green Book» du titre éponyme est le guide des hôtels du sud acceptant les Noirs à cette époque aux Etats Unis:

green book critique

 

Cold War

Cold War

#coldwar #pawelpawlikowski #joannakulig

Récompensé au Festival de Cannes, pour le Prix de la Mise en Scène, “Cold War” de Pawel Pawlikowski , présente un film en noir et blanc somptueux. L’action se déroule durant la guerre froide, entre la Pologne stalinienne et le Paris bohème: un pianiste épris de liberté et une jeune chanteuse talentueuse vivent un amour impossible…

Le film nous séduit par sa bande sonore originale et symbolique de cette période:

 

Comme le rappel le réalisateur «c’est un film dédié à la musique. La musique et le jazz polonais, ou cet ensemble folklorique de ma jeunesse dont je me sens aujourd’hui nostalgique». Cold War est donc un poème amoureux sur fond de guerre. C’est une lettre d’amour a la Pologne des années 1950.

Papillon

 

Critique Papillon

 

critique papillon

Steve McQueen et Dustin Hoffman ont apporté leur charisme à cette épopée de l’évasion de l’île du Diable en 1973. Si l’on se souvient de cela avec tendresse, c’est probablement à cause de ses rediffusions télévisées et du duo attachant de Steve McQueen et Dustin Hoffman. Les deux étaient des stars majeures à l’époque et le film a été un succès. Maintenant, Papillon a été refait avec Charlie Hunnam et Rami Malek dans le rôle de deux prisonniers qui prévoient de se séparer de leur cage déshumanisante dans une colonie de la Guinée Française. Hunnam (Sons of Anarchy, The Lost City of Z, le Roi arthur la légende d’Excalibur) et Malek (M. Robot) ne sont pas encore tout à fait connus auprès du grand public, mais leurs talents sont indéniables. Le récit est basé sur une histoire vraie celle des mémoires d’Henri Charrière ( Henri Charrière est un criminel français condamné à perpétuité pour un meurtre qu’il a déclaré ne pas avoir commis. En 1933, il fut envoyé en Guyane française) écritent en 1969, et c’est ce qui retient notre attention.

Le réalisateur danois Michael Noer, à partir d’un scénario d’Aaron Guzikowski, permet de faire avancer les choses efficacement sans jamais vous faire sentir que le nouveau Papillon a une raison impérieuse de l’être. Le directeur de la photographie Hagen Bogdanski, le concepteur de la production Tom Meyer et le compositeur David Buckley travaillent en commun accord pour donner au film de Noer les apparences d’une épopée.

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Coté acteur c’est Charlie Hunnam qui incarne Charrière, un cambrioleur surnommé Papillon à la fois pour le tatouage distinctif sur sa poitrine que pour sa capacité à fuir quand les choses se corsent. Pas cette fois. Après avoir décroché un emploi en 1931 à Paris, Charrière a hâte de quitter le monde criminel pour retrouver une belle vie avec sa petite amie, Nenette (Eve Hewson).

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Mais le malheureux “Papi” est accusé d’avoir tué quelqu’un et est envoyé dans un enfer pire que Shawshank. Là, il fait la connaissance de Louis Dega (Malek), un faussaire avec de l’argent.

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L’argent est suffisant pour soudoyer les gardes mais pas pour le sauver des prédateurs de la prison – c’est là que Papi intervient, pour préparer l’évasion éventuelle et jouer le rôle de garde du corps en échange du financement. Les efforts de Papi suscitent bien vite la colère du gardien sadique Barrot qui, après l’une des tentatives infructueuses de Papi de se libérer, l’a fait jeté à l’isolement pendant deux ans.

Noer exacerbe la tension et la brutalité engendrées par des années de privation qui culminent lorsque Papi, affamé (M. Hunnam a perdu 30 kilos – c’est le genre de fantasme que de nombreux acteurs poursuive pour la préparation de rôles physiques. “Rami et moi nous sommes affamés de manière agressive”, a déclaré M. Hunnam dans une interview promotionnelle du film.), sort de la solitude et planifie une nouvelle évasion avec Louis qui fait peur. Si vous êtes un gourmand en punition, Papillon pourrait bien être votre tasse de masochisme. Le film original, réalisé par Franklin J. Schaffner, lauréat du prix Patton aux Oscars, laissait entrevoir des lueurs d’espoir. La version de Noer évite jusqu’à la fin une atmosphère d’echec d’evasion de Papi et Louis, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent sur la lointaine île du Diable. La vue de deux hommes brisés, contemplant la liberté au-delà d’une mer dont les vagues pourraient les écraser, témoigne de leur résistance contre l’impossible.

Charrière était peut-être moins innocent que Dreyfus, et il semble avoir été sévèrement jugé. Mais à l’instar du premier film, le remake de «Papillon» ne s’intéresse pas aux questions d’innocence et de culpabilité ni à la jurisprudence et c’est ce qui fait la force du film. Au lieu de cela, il s’agit d’une immersion dans un univers d’hommes durs qui résistent dans des conditions difficiles en riant, en restant stoïque ou en tremblant de temps à autre face à la mort. La faucheuse a en effet élu domicile dans cette prison et elle est symbolisée par une guillotine qui menace chaque détenu.

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Bien que Hunnam et Malek donnent tout ce qu’ils ont, ils se voient refuser la possibilité de rendre leurs personnages aussi indélébiles que McQueen et Hoffman.

On retiendra que le film est une histoires sobre et généreuse sur les terribles choses que les hommes font à d’autres hommes au nom de leur pays et de leur droiture.C’est une chronique de souffrances masculines extrêmes, des tourments si horribles qu’ils transforment des hommes ordinaires en martyrs quasi religieux.